Pauli Murray et le problème pronominal : une transhistoriographie désessentialiste

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PERSPECTIVES

Pauli Murray et le problème pronominal : une transhistoriographie désessentialiste

Nous saisissons l'occasion de l'arrivée en ligne du documentaire Je m'appelle Pauli Murray, dont nous vous parlerons bientôt, pour vous proposer la traduction d'un texte puissant et sans équivoque de Naomi SIMMONS-THORNE, sur les enjeux méthodiques et idéologiques que génèrent le récit de vie d'une figure militante essentielle de la lutte pour les droits civiques aux États-unis et dont la dimension transmasculine est attestée par de nombreux faits mais que nombre de chercheur·euse·s persistent à raconter au féminin. À partir de l'exemple de Pauli, Naomi plaide fort pertinemment en faveur d'historiographies « désessentialistes », en mesure de se confronter avec éthique, courage et cohérence aux éléments biographiques qui remettent en question le genre officiellement connu d'une figure historique, afin également de se détacher des conceptions essentialistes du genre.

Pauli Murray (photo : Schlesinger Library)

Par Naomi Simmons-Thorne

Mai 2919, traduction Novembre 2021

Des arrêts Brown v. Board of Education et Reed v. Reed, en passant par l’inscription des groupes protégés juridiquement de la discrimination dans le Civil Rights Act de 1964, au concept même d'intersectionnalité, une grande partie de notre discours juridique et sociopolitique moderne est directement redevable à l’avant-gardisme intellectuel d'une figure mal connue, Pauli Murray, le « pseudo-hermaphrodite ».1
On doit à Murray, théoricien du droit, avocat, militant des droits civiques, poète, féministe et pasteur, d’avoir contribué à l’avènement d’une nouvelle vague de la pensée féministe et apparentée, et d’avoir façonné de larges pans du paysage juridique des droits civiques modernes aux États-Unis. Certain·e·s universitaires-militant·e·s, dont l'auteure de cet essai, travaillent également au développement d’une autre perspective sur Murray, plus incomprise encore que l'empreinte qu’il a laissé sur la pensée et la jurisprudence étatsuniennes. Il s’agit de l'opinion selon laquelle Murray fut également une des premières figures transgenres de l'histoire américaine. L’avalanche de nouvelles données historiques tout comme le recul temporel le suggèrent. Alors que les universitaires contemporain·e·s affichent une réticence à accepter une telle interprétation historique, la portée profonde de la vie et des apports intellectuels de Murray reste encore à apprécier à sa juste valeur, et plus encore à comprendre.

À sa mort en 1985, Murray légua à la bibliothèque Schlesinger de Harvard de vastes archives personnelles. Remplis de journaux intimes, d'entretiens, de dossiers médicaux annotés de sa propre main, de correspondances privées et bien plus, ces documents appartenant à Murray pourraient un jour s'avérer la réserve la plus vaste et la plus complète de sources historiques primaires trans aux États-Unis. C'est à travers les révélations découvertes dans ces documents que des historien·ne·s et des biographes tel·le·s que Rosalind Rosenberg en sont venu·e·s à la conclusion que « si [Pauli Murray] était né plusieurs générations plus tard, [Pauli] aurait pu adopter une identité transgenre. »2 Extrêmement réservé – mais cela n’a sans doute rien d’exceptionnel compte tenu de l’époque à laquelle il a vécu et de son exposition publique – Murray a laissé au public, à travers ses archives, une vaste documentation personnelle de son perpétuel combat contre la dysphorie de genre. L'auteure-activiste et universitaire féministe noire Brittney Cooper rejoint également l’analyse de Rosenberg. Dans un chat vidéo pour la rubrique “Queer Voices” du HuffPost en 2017, elle arrivait à la même conclusion : « Si le terme avait existé dans les années 30 et 40, Pauli Murray se serait identifié comme un homme trans. »3

Le constat que dressent Rosenberg et de Cooper est basé sur de récentes interprétations de la vie de Murray. De nouvelles lectures rendues possibles grâce à l’essor des études trans et queer, l'adoption du concept d'intersectionnalité dans le milieu universitaire, les nouvelles vagues d'activisme trans et queer, et l’ « incroyable étendue » et le « potentiel » des archives laissées par Pauli.4 Avec des historiens comme Simon D. Elin Fisher, Cooper et Rosenberg portent les points de vue les plus novateurs dans un débat historiographique de plus en plus houleux, puisqu’elles replacent les perceptions instables — et contestées — que Murray avait de lui-même dans une catégorie identitaire cohérente d’un point de vue historiographique. Jusqu'à récemment, la plupart des chercheur·euse·s n'avaient pas envisagé la nécessité d'interroger de manière critique l'historiographie et les conventions pronominales liées aux travaux sur Murray. En conséquence, les trois dernières décennies ont vu des projets d'archivage et de conservation, des conventions de catalogage des bibliothèques, des écrits historiques et les choix pronominaux d'activistes, d'auteur·e·s, de biographes et d'admirateur·rice·s diffuser auprès du grand public une interprétation essentialiste de la vie et de l'identité de Murray. C'est-à-dire que les chercheur·euse·s ont, en grande partie pour des raisons de déterminisme biologique, assigné à Murray l'identité de femme cisgenre.

À l'exception d'historiennes comme Rosalind Rosenberg et Doreen Drury, les chercheur·euse·s adoptent rarement une position historiographique franche et tranchée sur ce débat. Le plus souvent il appartient aux lecteur·rice·s de se faire un avis intuitivement à travers les conventions historiographiques validées par tel·le ou tel·le auteur·e et les choix de pronoms qu'il ou elle fait en conséquence. Avec sa récente biographie Jane Crow: The Life of Pauli Murray (2017), l'historienne Rosalind Rosenberg a établi un précédent parmi les ouvrages consacrés à Murray. Elle est devenue la première biographe à aborder directement le problème du choix des pronoms dans les travaux historiques concernant Murray. Jusqu’à la parution du livre de Rosenberg, les chercheur·euse·s avaient unanimement historisé Murray comme une femme cisgenre — parfois de manière bien laborieuse —5 mais l'utilisation des pronoms féminins est omniprésente dans toutes les études sur Murray, à la rare exception de l'auteure que vous lisez présentement. Réparties à travers une variété de points de vue, les positions historiographiques sur l'identité de genre de Murray peuvent être regroupées en quatre groupes : les chercheur·euse·s qui affirment que les combats de Pauli contre la dysphorie de genre ne recèlent aucune implication identitaire6 , celles/ceux qui n’admettent la dysphorie de genre de Pauli que pour une question d’exactitude biographique7 , les chercheur·euse·s qui estiment que la masculinité trans de Murray est significative sur le plan de l'interprétation, mais pas assez pour justifier la transformation radicale des pratiques historiographiques conventionnelles,8 et enfin, ceux qui croient que l'ambivalence « garçon-fille » de Murray9 a de réelles implications pour les travaux universitaires au sujet de Murray et affichent la volonté de compléter certaines interprétations admises de longue date tout en maintenant intacte l'historiographie traditionnelle.10

Parmi toutes ces positions, celle de Rosalind Rosenberg, la biographe de Murray, est une illustration de cette dernière catégorie. Dans l’épilogue de sa biographie Jane Crow intitulé « A Note on Pronouns and Other Word Choices11 », qui est certainement une première en son genre, Rosenberg écrit : « Dans les premières versions, j'ai expérimenté l'utilisation de pronoms masculins quand j’écrivais sur Murray » pour finalement arriver à la conclusion que faire cela « réduirait l'immensité de la lutte dans laquelle Murray était engagée et l'importance de ses contributions ».12 Rosenberg s’applique ensuite à employer des pronoms féminins pour désigner Murray, en se basant sur l'affirmation (assez absurde) selon laquelle la validation rétroactive de la masculinité trans de Murray annulerait la contrainte psychologique subie du fait de l’invalidation de sa masculinité trans. Si employer des pronoms masculins revenait à nier cette contrainte, ne pas les employer ne ferait, à n’en pas douter, qu’exacerber le problème, non ?

Dans une sous-partie intitulée « L’éternel tourment du genre », Rosenberg écrit à propos des luttes de Murray à la faculté de Droit de l'Université Howard en 1942 : « Malgré sa réussite universitaire… Murray a continué à souffrir d'une détresse émotionnelle extrême. Elle ne pouvait pas dissiper ses sentiments de dysphorie de genre. »13 Les italiques sont de moi, mais l'ironie ici résulte entièrement de la médiocrité du raisonnement de l'auteure citée. Une telle absurdité n’est pourtant rien en comparaison de certains des arguments historiographiques rassemblés ailleurs. À l'extrême opposé des positions décrites précédemment, on trouve des professeurs comme Doreen Drury, qui a violemment fustigé toute tentative de rendre Murray, selon ses termes : « représentatif de [tout·e] genre [ou] catégorie d'identité sexuelle. »14 Les craintes de Drury pourraient s’interpréter de prime abord comme un rejet des logiques « statiques » et « monolithiques » des « catégories bornées »,15 un appel à une transhistoriographie désessentialiste, mais de manière implicite, elles correspondent plus prosaïquement au type de réactions alarmistes suscitées par le nombre croissant d'interprétations historiques qui situent Murray comme trans ou genderqueer.

Le point de vue de Drury rejoint celui de journalistes comme Kathryn Schulz qui pense qu'une lecture historique trans, dans le cas de Murray, « semble appropriée », mais qu'une telle « catégorisation rétroactive peut être troublante »16. Drury souligne que « les chercheur·euse·s ont diversement décrit [Pauli Murray] comme lesbienne, homosexuelle ou transgenre ».17 Elle disqualifie tous ces points de vue comme des voies menant à des « représentations condensées »18 – des portraits historiographiques tous réducteurs et également lacunaires à certains égards. Aussi marginale soit-elle, il y a une sorte de perspicacité à l’œuvre ici, laissant entrevoir qu’il n’existe pas de consensus sur la façon dont Murray devrait être situé dans les récits historiques : et ce n’est donc pas une argumentation solide en défaveur, mais plutôt en faveur d’une historiographie trans désessentialiste. De manière notable, l'alarmisme de Drury ne se limite pas à un sous-texte. Dans d'autres écrits, Drury rend ses objections assez explicites, contre ceux/celles, qui selon elle, cherchent à « se servir de Murray » pour leurs propres agendas identitaires.19 Assez commodément, Drury considère que sa décision historiographique d'utiliser des pronoms féminins en référence à Murray dans des textes historiques est inoffensive, apolitique, dépourvue d’arrière-pensées idéologiques et neutre, mais elle a l'intuition que l'utilisation pronominale alternative et les catégorisations identitaires sont des déclinaisons radicales de l'activisme de la politique des identités. Avec ce que nous savons maintenant de l'expérience trans de Murray, sa : (1) désidentification d’avec son nom de naissance Anna Pauline,20 (2) sa préférence pour les vêtements masculins,21 (3) les souffrances causées par la dysphorie de genre,22 (4) la foi dans sa revendication (non fondée, découvrira t-on plus tard) du statut intersexe,23 (5) et un parcours ayant duré des décennies pour un traitement hormonal de substitution24 — quel choix pronominal semble le plus radical à la lumière de toutes ces preuves?

Soutenir l’idée que l'identité de genre de Murray relevait du spectre de la transmasculinité devient de moins en moins discutable à mesure que les publications d’oeuvres majeures se succèdent. Malgré cette accumulation de preuves, les historiographes de Murray se montrent peu enclin·es à accueillir cet accroissement des données en concevant à leur tour des méthodes historiques complémentaires et une utilisation pronominale adéquate. Au contraire, de nouveaux arguments sont même développés pour soutenir les sempiternelles traditions archaïques. Un exemple évocateur de cela peut être trouvé dans le Pauli Murray Project, le principal centre du pays proposant des événements publics sur Pauli Murray et se chargeant de la préservation historique de son œuvre. Installé dans la maison d'enfance de Murray à Durham, en Caroline du Nord, le Murray Project célèbre le travail de toute une vie d’activiste et s'efforce de faire connaître au grand public l’apport inestimable de Murray à la vie sociale et politique américaine.

Dans leurs expositions et leurs écrits sur son identité de genre, les responsables du Murray Project font preuve d’honnêteté, et c’est tout à leur honneur, tout en soutenant cependant une position plutôt non critique qui voudrait que le « sentiment d’identification masculine » de Murray s'est simplement dissipé au fur et à mesure qu’il vieillissait.25 Une telle historiographie ne se contente pas de permettre et présenter comme acceptable l'emploi continu des pronoms féminins pour se référer à Murray, mais elle n’impose de surcroît aucune exigence nouvelle d'interprétation aux conservateur·rice·s, archivistes, biographes et historien·ne·s spécialistes de Murray. Dans leur récit, « [Pauli Murray] était ambitieuse sur le plan professionnel, ouvertement engagée politiquement et dans sa vie privée attirée par les femmes… Elle était plus à l’aise quand elle portait des pantalons et elle a cherché à obtenir un traitement hormonal pour l’aider à trouver une solution à son identité de genre ambivalente » mais dans la dernière partie de sa vie, [Murray] a embrassé son identité féminine [et] est devenue une fervente féministe et une défenseure des droits des femmes. »26
Quand on regarde ces positions historiographiques dans leur ensemble, une chose devient claire. Le problème pronominal dans les travaux universitaires concernant Murray n'est ni un problème historique ni un problème biographique, dans le sens où il ne résulte pas de faits dans la vie de Murray. Au contraire, le débat sur l'identité de Murray et les choix de pronoms qui reflètent son identité de genre sont des problèmes d'historiographie, de pragmatisme et, bien sûr, de politique. Il s’agit d’un problème historiographique dans le sens où si les chercheur·euse·s étaient prêt·e·s à se confronter à un Pauli Murray transmasculin, une telle entreprise aurait des implications à la fois pour l'histoire des femmes et les méthodes de recherche historique féministes. Les interprétations orthodoxes de la vie et des motivations de Murray devraient être repensées, de dures réalités devraient être abordées et certaines caractéristiques intellectuelles des féminismes essentialistes de genre devraient être transformées.27 Il est plus facile, par exemple, d'attribuer l’inlassable campagne de Murray contre le sexisme à sa féminité essentialisée que d'envisager la possibilité que son indignation ait pu provenir de son sentiment qu'en tant qu'homme, il n'aurait pas dû en subir. Les chercheur·euse·s devraient se demander s'il demeure adéquat de présenter Murray comme la première femme afro-américaine à être ordonnée prêtre épiscopal ou à obtenir un doctorat de la Yale Law School, et ainsi de suite. Comme le note l'historien Simon D. Elin Fisher, toute l'historiographie de la pensée féministe des femmes non blanches aurait besoin d'être réinterprétée, voire carrément réécrite.28 Il y a aussi des préoccupations pragmatiques. Être considéré·e comme une personne faisant la promotion d’un agenda trans pourrait signifier le retrait des fonds, de l'accès et du soutien aux projets de préservation, aux archives, aux bâtiments et centres consacrés à sa mémoire, etc. Mais, de plus, la pensée historique féministe reste tout simplement attachée à une conception essentialiste du genre — souscrivant à une binarité de genre rigide et situant les sujets de recherche féminins sur la base du déterminisme biologique. Il faudrait de toute évidence concevoir de nouvelles méthodes.

L'identité de Murray, quelle qu'elle ait été, existait dans un continuum transmasculin. Ce qui n'existe malheureusement pas, ce sont des méthodes historiographiques qui soient plus répandues et qui permettraient de situer les personnages historiques dont les identités de genre peuvent avoir été non conformes. Elle est là, la dynamique derrière le concept « transgenre », ainsi que les fondements de toute historiographie trans désessentialiste. Cela signifie-t-il que dans une historiographie désessentialiste, Pauli Murray n’aurait plus aucune pertinence pour l'histoire des femmes ? Certainement pas. Au contraire, une transhistoriographie désessentialiste soutient que l'histoire des femmes devrait subir une désessentialisation afin de s'adapter aux expressions et aux identités de tous ceux qui y ont contribué. Cela signifie aller vers une historiographie où la logique gouvernante n'exige pas l'essentialisation des hommes trans et l'omission pure et simple des femmes trans afin de maintenir l'intégrité des limites de sa discipline.

L'objectif d'une historiographie trans désessentialiste est de servir de complément à l'intérêt croissant des historien·ne·s pour les sujets transgenres et de genres non conformes, et d’apporter de riches fondements méthodologiques et théoriques. Les travaux pionniers du chercheur C. Riley Snorton, par exemple, vont dans cette direction.29 Ces méthodes désessentialistes conserveraient certainement leur pertinence, mais n’ont pas été conçues spécifiquement pour l'étude historique des figures transgenres auto-identifiées. Les méthodes qui nous manquent sont plutôt des méthodes conçues pour enrichir notre analyse et nos études historiques de figures transgenres qui (1) ne sont pas identifiées comme trans* ainsi que (2) de sujets dont la (les) position(s) sociale(s) auraient pu précéder ou empêcher le recours à de telles formes de classification. La vie de Murray représente une étude de cas providentielle à cet égard.

Par conséquent, je plaide pour une historiographie trans qui désessentialise, s’interpose et adopte une étude plus rigoureuse de la désidentification trans. L'important n'est pas de déterminer la vérité et l’essence de l’identité de genre de Murray, mais d'interrompre la logique du déterminisme biologique et les contraintes du cissexisme opérant historiquement. J'interprète mon utilisation des pronoms masculins et l'utilisation de « iel » par Elin Fisher comme l’une des nombreuses méthodes historiographiques capables de faciliter ce processus.30

Compte tenu de l’imposition stricte d’une binarité de genre, nous ne connaissons pas et ne connaîtrons jamais la véritable identité de genre de Murray. Ce que nous savons, c'est que Pauli Murray a bataillé toute sa vie contre les souffrances provoquées par la dysphorie de genre en raison de l'essentialisme biologique, contre la transphobie en raison de son identité de genre, contre la discrimination et la criminalisation de son expression de genre,31 la queerphobie en raison de son attirance pour les femmes dans un corps assigné femme, le sexisme puisque perçu comme une femme cisgenre, et le racisme en tant que personne non blanche dans l’Amérique des lois Jim Crow. Ce ne sont pas les expériences d'une femme cisgenre, ni celles d'une personne transgenre qui cherchait à se cacher et qui a systématiquement performé son genre comme si elle était du sexe opposé. Ce sont les expériences d'un homme non blanc qui en public s'est identifié comme une femme, en privé s’est identifié à la masculinité, et dont le corps a fait une personne queer.

Naomi Simmons-Thorne est une éducatrice trinidado-américaine diplômée de l'Université de Caroline du Sud où elle continue à étudier l'éducation et de la formation des enseignants, la recherche qualitative, les fondements et la philosophie de l'éducation. Elle est récipiendaire du prix Cheryl A. Wall dans le domaine des Black women studies et travaille actuellement à la publication de son premier livre, The Ontological Problem: Black Racial Ontology and the Politics of Sexual Difference, une étude sur les reconfigurations postmodernes du genre, du sexe et des sexualités Noir·e·s.

  1. Rosalind Rosenberg, Jane Crow: The Life of Pauli Murray (New York: Oxford University Press, 2017), p.58. []
  2. Ibid., p.2. []
  3. Rahel Gebreyes, “How ‘Respectablity Politics’ Muted The Legacy Of Black LGBT Activist Pauli Murray”, HuffPost, February 10, 2015. https://www.huffpost.com/entry/lgbt-activist-pauli-murray_n_6647252 []
  4. Rosenberg, Jane Crow, p.2. []
  5. Voir le traitement de la dysphorie de genre de Murray dans : Kenneth Mack, Representing the Race: The Creation of the Civil Rights Lawyer (Cambridge: Harvard University Press, 2012), pp.208-217. []
  6. Voir Doreen M. Drury, “Boy-girl, Imp, Priest: Pauli Murray and the Limits of Identity”, Journal of Feminist Studies in Religion 29, no. 1 (2013): pp.142-147. []
  7. Voir Patricia Bell-Scott, The Firebrand and the First Lady: Portrait of a Friendship (New York: Alfred A. Knopf, 2017). Des termes tels que « dysphorie », « trans/genre/sexuel » et « identité de genre/expression » n’apparaissent pas dans le texte. Apparemment Bell-Scott perçoit Murray comme une lesbienne cisgenre. []
  8. Voir Mack, Representing the Race. []
  9. Rosenberg, Jane Crow, p. 2. Murray se décrivait lui-même comme « une minorité dans la minorité », se sentant « queer » et « dans un entre-deux ». Murray affirmait préférer « l’expérimentation du côté masculin », et il définissait tout cela comme « son instinct de sexe inversé ». Ce sont les articulations embryonnaires d’une masculinité trans naissante. []
  10. Voir Rosenberg, Jane Crow. []
  11. NDLT : Note sur les pronoms et autres choix de mots []
  12. Ibid., p.xvii. []
  13. Ibid., p.119. []
  14. Drury, “Pauli Murray and the Limits of Identity”, p.142. []
  15. Cathy J. Cohen, “Punks, Bulldaggers, and Welfare Queens: The Radical Potential of Queer Politics?”, in Black Queer Studies, eds. E. Patrick Johnson and Mae G. Henderson (Durham: Duke University Press, 2005), p. 23. []
  16. Kathryn Schulz, “The Many Lives of Pauli Murray”, The New Yorker, 10 avril 2017. https://www.newyorker.com/magazine/2017/04/17/the-many-lives-of-pauli-murray []
  17. Doreen M. Drury, “Love, Ambition, and 'Invisible Footnotes' in the Life and Writing of Pauli Murray”, in Black Genders and Sexualities, eds. Shaka McGlotten and Dána-Ain Davis (New York: Palgrave Macmillan, 2012), p.70. []
  18. Drury, “Pauli Murray and the Limits of Identity”, p.142. []
  19. Ibid., p.142. []
  20. Murray a expérimenté différents pseudonymes masculins, Paul, Pete et Oliver, entre autres. Il a finalement arrêté son choix sur le nom sous lequel il est communément connu, Pauli. Voir : Rosenberg, Jane Crow, p.39 and Gebreyes, “Black LGBT Activist Pauli Murray”. []
  21. La préférence de Murray pour « l’expérimentation de son côté masculin » incluait une préférence pour des habits masculins. Voir Rosenberg, Jane Crow, p.2. []
  22. Pendant une période, Murray a cru qu’il était peut-être « inversement sexué ». Voir Rosenberg, Jane Crow, pp.57-60 et p.121. []
  23. Murray a écrit que sa dysphorie rendait sa vie « insupportable » : ça faisait obstacle « constamment à mes efforts pour accomplir ce que je suis capable de faire » Voir Rosenberg, Jane Crow, pp.119-121. []
  24. Voir Rosenberg, Jane Crow, pp.57-60, p.121 et pp.144-145. []
  25. Ibid., p.29. []
  26. Pauli Murray Project, “Identities: between Male & female”, consulté le 5 mai 2019. https://sites.duke.edu/paulimurrayproject/identity-map/ []
  27. Je définis les féminismes essentialistes du genre comme des féministes/féminismes qui considèrent le sexe assigné comme un déterminant du genre. []
  28. Voir Simon D. Elin Fisher, “Pauli Murray’s Peter Panic: Perspectives from the Margins of Gender and Race in Jim Crow America”, Transgender Studies Quarterly 3, no. 1 (2016): pp.95-103. []
  29. Voir C. Riley Snorton, Black on Both Sides: A Racial History of Trans Identity, (Minneapolis: University of Minnesota Press, 2017). []
  30. Fisher, “Pauli Murray’s Peter Panic”, pp.95-103. []
  31. Voir Rosenberg, Jane Crow, p.39 et pp. 80-81 and Mack, Representing the Race, pp.216-217. []