À l’heure actuelle, pour traverser la Méditerranée, une grande majorité des exilé⋅es du continent transite par la Libye. Si l’Europe collabore avec ce pays depuis le milieu des années 2000 pour faire la chasse aux migrantes et aux migrants, la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 a plongé le pays dans un chaos qui a profondément aggravé la situation. En effet, les exilé⋅es sont devenu⋅es les proies de groupes armés, de réseaux de passeurs, leur faisant subir toutes sortes de sévices et de trafics, et dont la tâche fut radicalement facilitée par les politiques migratoires répressives d’une forteresse Europe, prompte à multiplier les alliances avec quiconque l’aidera dans sa guerre aux frontières.
En novembre 2017, les images de la journaliste soudanaise Nima Elbagir diffusées sur CNN créèrent une onde de choc mondiale. Son reportage réalisé clandestinement montrait en Libye une vente aux enchères de personnes noires comme esclaves. Il allait déclencher des vagues de protestations dans divers endroits du monde. Le reportage jetait un éclairage cru sur l’explosion des pratiques esclavagistes dans un pays où elles n’avaient jamais complètement cessé.
L’Europe s’est empressée d’émettre des condamnations de principe, d’applaudir les déclaration solennelles creuses de responsables libyens, tout en rappelant la nécessité de sécuriser les frontières et de mettre un terme aux trafics d’êtres humains, une expression qui témoigne bien plus souvent du désir de réduire radicalement la liberté de circulation que de protéger les populations en déplacement.
Et puis bien entendu l’attention s’est détournée de la Libye et de cette réhabilitation locale de mise en esclavage massive et systématique.
Car oui l’esclavage, ses tortures, ses viols, les pushbacks et les attaques meutrières en mer visant à noyer les personnes exilées restent la réalité d’une politique de terreur externalisée ; menée par la Libye, ses garde-côtes avec des fonds européens.
Cet été au Transborder camp qui avait lieu à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, nous avons rencontré Salahdine Juma, un jeune homme soudanais membre et co-fondateur de l’association Refugees in Libya. Il présentait une exposition itinérante sur les centres de détention en Libye, et il nous a raconté sa propre captivité dans le centre de Ain Zara ainsi que son combat pour toutes celles et ceux pour qui cet enfer se poursuit à ce jour.
Bonne écoute !
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MUSIQUE :
Aisha al-Falatiya « من دار الاذاعة – From the Radio Station »
Sammany « Matalib »
Seif Abu Bakr and The Scorpions « موسيقي عزة – Azzah Music »
Tous nos remerciements à Salahdine Juma et à Refugees In Libya que nous vous engageons à suivre et à soutenir ( Site – Instagram ).
Force et amour à celles et ceux qui ont connu l’enfer libyen et tout particulièrement à celles et ceux qui y sont encore.





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