George Jackson et Les Frères de Soledad

Publié en Catégorie: AMERIQUES, AUTODETERMINATION, DECONSTRUCTION, LECTURES, POLICES & PRISONS

Nous n’avons pas à exagérer une quelconque importance de notre mouvement spécifique. C’est une question, très réelle, très-très réelle et je suis d’avis que, aux côtés du mouvement étudiant, et de l’historique et familier mouvement ouvrier, le mouvement des prisons est au centre du processus de la révolution dans son ensemble. 1

Noir, internationaliste, marxiste, légende des luttes anti-carcérales et noires, George Jackson est un des emblèmes les plus vifs des mouvements massifs de radicalisation que connurent les prisons américaines dans les années 60 et 70.
Ses écrits, fruits de son auto-éducation, de ses questionnements, de sa détermination révolutionnaire et d’une maturité impressionnante, sont porteurs d’un force inépuisable de résistance, bien au-delà de l’époque de leur rédaction et de leur contexte.

La réédition de ce magnifique poème de combat que sont les lettres de prison de George Jackson c’est toujours une bonne nouvelle ; même si son actualité persistante signifie aussi que la machine à écraser, réprimer, humilier, tuer, aux États-Unis comme en France est toujours en pleine forme.

Qui était George Jackson ?

George Jackson est né dans l’Illinois en 1947, et sa famille déménage en Californie en 1956. Il est incarcéré la première fois à 15 ans en maison de correction pour une tentative de vol et un cambriolage dans lequel il n’a rien à voir. Il y restera un an.
En 1960 à l’âge de 18 ans il est arrêté et accusé d’avoir dérobé 70 dollars dans une station essence. Comme il a un casier, son avocat le pousse à plaider coupable sous prétexte d’obtenir ainsi une peine plus clémente. Il se retrouve condamné d’une peine allant de 1 an reconductible jusqu’à la perpétuité ! Cette peine est en effet réexaminée annuellement en fonction du comportement de Jackson et de sa soumission à la machine concentrationnaire.

J’ai donné quatre ans et demi de ma vie, pendant lesquels j’ai dû accepter l’inacceptable, pour 70 dollars que je n’ai même pas pris. 2

En 1962 il est transféré de Tracy à la prison d’État de San Quentin. En 1966 il devient ami avec W.L. Nolen. Tous deux lanceront l’un des premiers groupes d’études clandestines de prison en s’appuyant sur Marx et Fanon, et fonderont la Black Guerilla Family, initialement une organisation révolutionnaire d’inspiration marxiste et maoïste.3

En 1970, Jackson et son « groupe » rejoindront les Blacks Panthers :

Huey est venu à la prison il y a un an parce qu’il avait entendu parlé des petits trucs que nous faisions. Il a parlé avec nous, et a pris la mesure de ce qu’on faisait, et il a décidé de nous absorber. Ensuite, il m’a envoyé un message et m’a dit ça. Il m’a dit que je faisais partie du Parti désormais, et que notre petit groupe faisait partie du Parti aussi. Et il m’a dit que ma mission présente était de construire, ou d’aider à construire, le mouvement de prison. Juste comme ça. Comme je l’ai dit, l’objectif de notre mouvement est de prouver à l’État qu’il ne peut pas nous isoler dans un camp de concentration et j’ai accepté. Que pouvais-je faire? C’était la bonne chose.4

George Jackson écrira deux livres : un recueil de ses lettres connu en France sous le nom de Frères de Soledad et publié en 1970, et Blood In my eye, publié en 1971.

Dur de savoir qui était vraiment George Jackson en dehors de ses livres et de ses actions politiques. Il est notoire que sa réputation en prison s’est avant tout construite sur sa capacité à se faire respecter et craindre au sein de gangs qui avaient des activités pas particulièrement révolutionnaires. On trouve évidemment des témoignages de militants blancs des prisons qui font de lui les portraits les plus terribles5. Tout d’abord – nous l’avons dit ailleurs – nous ne cherchons pas de héros. Ensuite, c’est une évidence que la machine carcérale produit de la domination entre détenuEs : la concurrence dans la survie est un principe moteur de cette institution déshumanisante. Mais la leçon que  donne Jackson à travers ses études, ses écrits, les analyses et le savoir qu’il partageait avec ses co-détenus et ses proches, est celle d’une volonté radicale de transcender les oppositions instrumentalisées par le système pour une unité révolutionnaire anti-capitaliste et anti-impérialiste, doublée d’une discipline forgée dans les pires conditions de vie quotidienne.

L’affaire de Soledad :

En Janvier 1969, George Jackson et W.L. Nolen ont été transférés de San Quentin à la prison de Soledad. Le 13 Janvier 1970 une bagarre éclate entre détenus noirs et blancs, dans un cadre qui a tout d’un piège de l’administration pénitentiaire. Miller, le tireur d’élite dans le mirador, abat trois prisonniers noirs : Alvin Miller, Cleveland Edwards et W.L. Nolen. Trois jours plus tard un grand jury se réunit et absout le gardien Opie G. Miller en considérant que les exécutions étaient justifiées. Peu de temps après la diffusion de la nouvelle, un gardien blanc est battu et jeté du troisième étage de l’aile Y. Fleeta Drumgo, John Clutchette et George Jackson sont accusés du meurtre. Pour les avocats de ceux qu’on appellera les Frères de Soledad, l’accusation ne repose sur aucune preuve : ils sont ciblés par les autorités de la prison parce que ce sont des militants noirs, insoumis et inflexibles. George Jackson est sous le coup de ce qui est techniquement une condamnation à vie, et être reconnu coupable du meurtre du gardien signifierait la mort. Une campagne importante se met en place à travers le Comité de soutien aux Frères de Soledad. Fleeta Drumgo et John Clutchette seront reconnus innocents en Mars 72 ; entre temps George Jackson a été assassiné. Et son petit frère, Jonathan est également mort en tentant d’obtenir la libération des Soledad Brothers par une prise d’otages.

La Révolte d’esclaves du 7 Aout 1970 :

Plutôt que d’incident du Tribunal de Marin County, Kiilu Nyasha, révolutionnaire infatigable et ex-membre des Blacks Panthers, préfère parler de la Révolte d’esclaves du 7 août. Ce jour-là, Jonathan Jackson s’était introduit au tribunal du Civic Center Marin County à San Rafael, en Californie, avec des armes. Il les avait fait passer à trois détenus (Ruchell Magee, Willie Christmas, et James McClain) présents pour témoigner dans une tout autre affaire. Son but était d’obtenir la libération des Soledad Brothers en kidnappant le juge de la Cour supérieure, Harold Haley. Il prit en plus comme otages le procureur Thomas et trois jurés.
Un barrage routier de la police à l’extérieur du centre obligea le van dans lequel ils avaient pris la fuite à s’arrêter et les policiers ouvrirent le feu sur le fourgon. Jonathan Jackson, McClain et William Christmas furent tués ainsi que le juge Haley. Deux des quatre autres otages – la jurée Maria Graham et Gary Thomas vice-procureur ont également été blessé-e-s. R.C. Magee, l’un des détenus,  fut grièvement blessé.

À cette histoire il y eut plusieurs suites. Les armes étaient enregistrées au nom d’Angela Davis, qui avait rejoint le comité de défense des Soledad Brothers. Elle était en contact à la fois avec George et Jonathan. Elle fut arrêtée et emprisonnée au terme d’une fuite de 2 mois. S’en suivit une campagne de mobilisation mondiale pour obtenir sa libération. Elle fut reconnue non-coupable et libérée en 1972.

Par contre, Ruchell Cinque Magee, seul prisonnier survivant, est actuellement toujours enfermé. Comme l’explique Mumia Abu Jamal ici, Ruchell Cinque Magee était à l’époque emprisonné depuis 7 ans pour une histoire ridiculement insignifiante. Il s’est politisé et radicalisé en prison. C’était de bon sens pour lui de prendre part à la révolte du tribunal. Il  n’a, lors de son procès, pas du tout bénéficié de la même mobilisation que pour Angela Davis. C’est un prisonnier qui n’a jamais  eu de cesse de se battre contre le système pénitentiaire et qui,dès 1971, était un avocat de prison qui pouvait représenter efficacement ses camarades.

Le 8 Octobre 1970, le Weather Underground, groupe militant révolutionnaire, faisait sauter une bombe au tribunal de Marin « en représailles des meurtres de Jonathan Jackson, William Christmas, et James McClain » .

Les Frères de Soledad

Ce que réédite Syllepse aujourd’hui dans sa collection Radical America c’est ce qui est communément appelé Soledad Brother: The Prison Letters of George Jackson.6

Le livre comprend aussi trois préfaces ou avant-propos :

•      Il y a d’abord Jean Genet, qui en 1970 était soutien déclaré et engagé des Blacks Panthers.7 Outre sa solidarité politique c’est aussi la subjectivité de celui qui fut enfermé qui s’exprime dans ces lignes.

•      Vient ensuite la préface du Collectif Angles Morts, qui a le mérite de parfaitement replacer les lettres de Georges Jackson dans leur contexte politique, historique et dans l’évolution de luttes pénitentiaires. Le collectif montre également combien Jackson reste pertinent pour se battre aujourd’hui contre les institutions pénitentiaires et répressives de France, mais aussi contre le système dans son ensemble.

•      S’en suit un avant-propos de Jonathan Jackson Jr – neveu de George et fils de Jonathan – datant de 1994. Il dépasse la dimension émotionnelle et personnelle et analyse l’incarcération politique comme outil d’isolement et d’anéantissement des luttes politiques. Texte pertinent, hier, aujourd’hui, là-bas, ailleurs, ici :

Ceux qui à l’extérieur compatissent, hésitent toujours à prendre la parole ou à protester au-delà d’un certain point, par crainte de leur propre persécution ou incarcération. Aussi, la plupart des gens pensent au fond d’eux que les prisonniers ont vraiment fait quelque chose de mal, sans tenir compte des situations individuelles. S’ajoute à cet a priori le fait que la société ne distingue pas les actes commis par un prisonnier et sa valeur en tant que personne.

Jonathan Jackson Jr rappelait que Leonard Peltier était toujours en prison : c’est toujours le cas aujourd’hui. Le Collectif Angles Morts fait bien aussi de rappeler, qu’en mai 2013, Obama doublait la prime pour la capture d’Assata Shakur et la mettait sur la liste des « terroristes les plus recherchéEs ».8
Voilà le genre de squelettes politiques qui grelottent dans les placards de la bourgeoisie noire.

*   *   *   *

Dans les lettres de George Jackson, les échanges avec sa famille – son père et sa mère – constituent une part majeure. Souvent Jackson lutte pour partager avec ses proches ses analyses du système tout en se défendant de conseils, d’injonctions qui affaiblissent non seulement le révolutionnaire, mais l’homme emprisonné. Ces échanges alternent entre accusation, rupture, partage culturel et prosélytisme politique.
Et c’est une leçon assez fascinante de voir toute l’énergie qu’un homme enfermé peut déployer pour convaincre sa famille. Pour chacun-e d’entre nous.

On a fait de nous des étrangers à nos propres racines, on nous a isolés ; on nous a remodelés pour nous adapter à des formes nouvelles, à des fonctions définies.
Jamais on ne s’est soucié de considérer que nous pourrions être autre chose que ce à quoi n nous a destinés dès le début. (Je demande l’électronique ou le dessin industriel, on me répond d’être réaliste.) Tu dois saisir, comprendre pleinement que nous n’avons que peu ou pas de prise sur nos vies.
Tu dois cesser de te torturer toi-même avec l’idée que tu as commis une faute à quelque moment. Tu n’as commis aucune faute, tu as été trahie par l’histoire, par des événements et des hommes sur lesquels tu n’as aucune prise.

Tout cela ne se passe donc pas sans heurts d’autant plus que Jackson est à la merci de geôliers, qui lisent son courrier :

J’écris à la maison, à vous mes parents, mon sang, pour échanger avec vous sympathie et conseils ; j’essaie de vous éclairer dans des domaines où l’expérience m’a rendu plus averti. Mais je ne reçois en retour aucune compréhension. (…) il est clair que tu ne m’aimes pas quand tu refuses de m’aider de la seule manière possible, de la seule manière que j’attends : en me disant que j’ai raison et que tu me bénis.

Je t’écris cette lettre pour t‘informer que ceux qui me gardent ici ont lu la lettre que tu m’avais envoyée. Ils l’ont lue avec un sourire de satisfaction et de triomphe. Tu es la victime d’une grave illusion, maintenant je dois l’admettre. Tu ne pensais pas qu’ils me le feraient savoir, n’est-ce pas ? Tu te trompes lourdement ; ils m’ont laissé la lire. Apparemment, le moindre fonctionnaire ici l’avait déjà lue, à ma grande honte. Car cela avait l’air tout droit sorti de « La case de l’oncle Tom » de Stowes. (…)
Je t’ai donné ce que j’avais de meilleur, et tu m’as rejeté, tu as préféré mes ennemis !
Je ne te le pardonnerai jamais.

Mes meilleurs vœux pour ton anniversaire. Je n’ai peut-être pas tellement bien réussi, mais mes valeurs sont un peu différentes des tiennes. Ce qui m’intéresse, c’est de vivre pleinement, de vivre bien, plutôt que de vivre longtemps. Et comme j’ai un moyen de contrôle sur la première de ces éventualités, tandis que je n’en ai aucun, de quelque sorte que ce soit sur la seconde, cela signifie quelque chose pour moi. (…)
Tes impôts servent à payer tout ce que tu dis, et aussi d’autres choses que tu as oubliées : éducation, prisons, salaires de la police, armée bombe H, bateaux-espions, chambres à gaz, travaux forcés, etc.

Je crois que tu t’es embourbé quelque part en chemin. La question n’a jamais été de savoir si on nous permettait ou non de travailler ! Je n’ai jamais douté que si l’un d’entre nous se rend acceptable, selon les normes établies, il sera alors toléré.
La question est : suis-je à vendre et à quel prix ? Peut-on obtenir une véritable liberté de choix quand on n’est qu’un salarié.

Il est difficile de faire l’inventaire des critiques et de la terrible lucidité de Jackson, sur le capitalisme, l’éducation, à l’impérialisme, le système pénitentiaire, etc.

Les systèmes scolaires sont « arrangés » pour apprendre aux jeunes « ce qu’on doit penser » et non « comment » penser.

Jackson travaille beaucoup avec une discipline impressionnante. Il réfléchit énormément. Analyse. Critique la soumission vendue par la religion. S’attaque aux lectures raciales simplistes qui empêchent l’unité de classe. Il parle de Du Bois, de Castro, Mao, Nkrumah, de Léopold  II, du Vietnam. Il parle d’aspirations vitales, profondes à une liberté réelle – pas celle octroyée par le système.  Il parle aussi de détails matériels, de sa santé.

Parfois, George entraperçoit « enfouie » en son père, « la terrible et vindicative fureur noire« , née de l’époque de la Grande Dépression où celui-ci rôdait « dans la campagne de Louisiane à la recherche de quelque chose à manger. » Parce que derrière la nécessité de convaincre il y a aussi le besoin de comprendre cette souffrance d’une autre époque, les soumissions et les complexes qu’elle a engendré :

Chère Mère,

Tout bien considéré, tu en arrives à dire qu’une Noire, quand elle est nue et naturelle, est laide ou loin d’être belle. (…) Selon toi, le seul modèle de la beauté est le modèle occidental. Cette absurdité me révolte. Mais tu dois être capable de voir qu’aujourd’hui ce modèle de perfection que tu t’es donné dans le passé, n’est plus le « dernier cri ». Black is back, la mode est revenue  au Noir. Je remplirai mon rôle d’homme, même si je dois y laisser ma peau (…). Mais je crains que vous autres femmes ne remplissiez pas votre rôle, parce que vous semblez incapable de changer, de retrouver les valeurs et la culture de vos ancêtres.

On voit que les rares moments où Jackson s’aventure dans des généralités sur les femmes noires sont catastrophiques. Dans ses lettres à Angela Davis, il insiste pour l’exclure de ce jugement global : elle est « à part ». En même temps, sans faire de psychanalyse à 2 balles, ses échanges avec les femmes souvent empreints d’une émotion et de sincérité touchante, suggèrent aussi le mal que l’enfer de la non-mixité ultravirile de la prison – dont pas mal d’années passées à l’isolement – ont pu faire à une jeune garçon enfermé depuis l’adolescence.

Plusieurs de lettres très intéressantes sont adressées à Fay Stender, son avocate. Des lettres, parfois assez brèves,  sont aussi échangées avec son petit frère Jonathan, qu’il connait peu. Et avec d’autres personnes, pas forcément identifiables.

Le ton est souvent prophétique tant Jackson sait que le système l’a déjà terriblement écrasé et qu’il est peu probable qu’il lui réserve des issues réjouissantes :

Le monstre, le monstre qu’ils ont fait naître en moi reviendra torturer son créateur, il sortira de la tombe, des abîmes, du plus profond des abîmes. Qu’on me précipite dans l’autre monde, la descente aux enfers ne m’arrêtera pas, je reviendrai en rampant, je suivrai sa trace comme un chien, éternellement. Ils ne pourront échapper à ma vengeance, jamais, jamais. J’appartiens à un peuple juste, lent à se mettre en colère, mais dont rien ne peut endiguer la fureur.

Aussi séduisante que soit cette promesse de lendemains rageurs, force est de constater que pour l’instant c’est la bourgeoisie noire qui a gagné, se délectant de sa part du gâteau capitaliste.

Politiques, musiciens, acteurs, sont entrées touTEs allègrement dans les cases d’une société qui pratique l’incarcération de masse. Brandissant leurs Grammys, leurs Oscars, dents blanches pour les flashs et oubli pour les cendres de George Jackson.

Non, je pense que la supposition la plus pertinente, c’est qu’ils travaillent pour le gouvernement, ces nouveaux nègres de maison. Et quelle meilleure façon pour eux de se vendre à nous que de crier noir, noir, noir, noir ….9

*   *   *   *  *

Les rééditions des lettres de Georges Jackson resteront d’actualité encore longtemps sans doute. Lisez-les et faites circuler ces mots d’un révolutionnaire mort les yeux grands ouverts, laissant un héritage IRRÉCUPÉRABLE par la machine.

En Août 1971 (le 21) , George JACKSON fut abattu dans le dos par un surveillant de la prison de San Quentin, au cours d’une prétendue tentative d’évasion. La version donnée par l’État (analysée dans le détail par Eric Mann dans Camarade George) était pleine de lacunes et d’inexactitudes. Tous les prisonniers des prisons et des pénitenciers savaient, avant même l’autopsie finale, avant même les révélations ultérieures qui suggéraient un complot du gouvernement pour tuer Jackson, qu’il avait été assassiné pour avoir osé être un révolutionnaire en prison. Peu de temps après la mort de Jackson , il y eut une chaîne de rébellions à travers le pays, à la prison de San José Civic Center, à Dallas dans la prison du comté, dans la prison du comté du Suffolk à Boston, dans le comté de Cumberland à la prison de Bridgeton, dans le New Jersey, dans la prison du comté de Bexar à San Antonio, Texas.

La conséquence la plus directe de cet assassinat fut le soulèvement de la prison d’Attica en Septembre 1971 – révolte nourrie de griefs profonds et anciens, mais qui fut portée à ébullition par les nouvelles concernant George Jackson.10

Juste avant de finir et pour revenir en France on voulait vous faire part de l’existence très utile depuis quelques mois déjà du « Guide à l’usage des proches de personnes incarcérées » édité chez Soledad et associéEs. Il est lisible et téléchargeable ici .

Cases Rebelles (mars 2014)

Vous aimerez peut-être :

  1. Remembering the Real Dragon – An Interview with George Jackson – 16 Mai et 29 Juin 1971 []
  2. Les Frères de Soledad, George Jackson. Dans ce texte, tous les autres extraits non référencés sont tirés de ce livre. []
  3. La BGF existe toujours aujourd’hui. C’est un gang très puissant dont il semble évident qu’il a viré depuis très longtemps dans l’auto-destruction propre aux gangs. Ce sont des membres de la BGF qui ont tenté en 1979 d’assassiner Fay Stender, avocate de G. Jackson, lui reprochant d’avoir trahi Jackson : celle-ci, handicapée suite à l’agression, se suicidera. C’est aussi un membre des BGF qui assassinera en 1989 Huey P.Newton. []
  4. Remembering the Real Dragon- An Interview with George Jackson May 16 and June 29, 1971 []
  5. Lire par exemple le témoignage de John Irwin dans « The Rise and Fall of California’s Radical Prison Movement »,  Eric Cummins, 1994 []
  6. augmenté d’une courte autobiographie d’une dizaine de pages et de « Une lettre de l’aile O », texte adressée à Fay Stender, avocate de George, par lui-même : il y décrypte les mécaniques raciales sur lesquelles s’appuient l’administration pénitentiaire et la difficulté d’y résister en tant qu’individu. []
  7. On peut lire là-dessus « Tactfulness of the heart » d’Angela Davis []
  8. Le président Obama espère évidemment que l’étiquette «terroriste» va effrayer les militantEs actuelLEs et futurEs pour les empêcher d’apprendre ce qu’il y a à savoir des fières traditions de résistance, afro-américaines et autres, à l’Empire. Il espère intimider et effrayer les gens ordinaires, en particulier les jeunes, pour les maintenir dans le même genre de conformité que leurs soi-disant «leaders». En 2007 et 2008, le candidat Barack Obama avait confié à des comités de rédaction et d’autres un certain nombre de fois que Ronald Reagan était son président préféré. Il aurait fallu l’écouter plus attentivement. Ça semble pertinent de déduire aujourd’hui que J. Edgar Hoover est son flic préféré. » Not Your Daddy’s COINTELPRO:  Obama Brands Assata Shakur « Most Wanted Terrorist », Bruce A.Dixon []
  9. « Blood in My Eye », George Jackson []
  10. « Une Histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours », Howard Zinn, 1980 []