« La Croisade de Lee Gordon », de Chester Himes
À 38 ans, en 1947, un homme profondément blessé, Chester Himes, crache « La Croisade de Lee Gordon » à la face de l’Amérique. Il reçoit un accueil unanimement réprobateur. Mais Himes a trop morflé pour avoir la pudeur ou le romantisme des combats héroïques. Et il avait suffisamment d’audace désespérée pour tremper les mains dans la complexité des êtres, aussi boueuse fut-elle. Peu lui importait qu’on ne soit pas « entre nous », peu lui importait de plaire, d’être stratégique ou de coller à un programme idéologique. Il écrivait avec l’énergie convulsée des nausées violentes, la rage impuissante des dernières cartouches et l’humour des naufrages. Lire →

Le 23 juillet 2013 est mort Emile Griffith. Un homme jovial, sensible et d’une grande douceur, dont la carrière exceptionnelle fut marquée dès les premières années par la mort. Griffith fut l’un des premiers boxeurs pro ouvertement bisexuel, à une époque où un coming out était inenvisageable. Sa destinée, ainsi que celle de Benny ‘Kid’ Paret, l’adversaire qui mourut face à lui dans le ring, témoignent d’une nécropolitique à l’œuvre dans la boxe, et du traitement particulier que subissent les corps noirs dans cette entreprise de destruction spectacularisée.






