Épisode 82 | « Forger une langue à la mesure de notre richesse », avec Dionne Brand

Poétesse, romancière, essayiste, éducatrice, réalisatrice, professeure, Dionne Brand est née à Trinidad et vit à Toronto au Canada depuis 1970. Dans ce 82e épisode elle nous parle du lien entre lutte révolutionnaire et l’écriture, de la littérature comme espace de redécouverte et d’appréhension de nos histoires, d’agilité et d’imagination dans les cultures noires et caribéennes, des possibilités qu’offre la poésie de s’échapper de ce qu’elle nomme « le récit impérialiste ». Elle revient également sur la création de The Blue Clerk, une œuvre métapoétique émouvante et captivante. Il est aussi question de négritudes fugitives et de sa recherche d’une langue capable d’accueillir et d’exprimer nos êtres complexes et pluriels. Ecouter →


En 2009, pour la revue Amerasia, Mary Kao organisa une conversation entre deux merveilleuses militantes, Yuri Kochyama et Ericka Huggins. Avec l’aimable autorisation de Mary nous traduisons et publions ici le fruit de cette rencontre historique. Solidarité afro-asiatique, place des femmes dans les mouvements de libération, mouvement américano-asiatique de libération, Black Panthers, Malcolm X, etc. ; l’histoire se lit ici à la source et c’est passionnant ! Yuri Kochiyama étant depuis décédée, il s’ajoute par ailleurs un surcroît d’émotion qui rend ce moment d’autant plus précieux. Bonne lecture! 
Donald Trump l’avait annoncée et voilà donc la mise en acte étatique de l’islamophobie par la violence du bannissement. Aussi violents et anxiogènes soient-ils, ces passages à l’acte sont les conséquences inévitables pour des sociétés occidentales ayant fait du sécuritaire xénophobe – avec une place de premier choix pour l’islamophobie – un élément discursif central et un mode de gouvernance.
Depuis 2014 les portraits qu’il dessine apparaissent fréquemment dans les manifestations, sur les murs de villes étasuniennes, et sur la toile : visages de victimes hispaniques et noires de violences policières, unifiés par un dessin stylisé et expressif, accompagnés de messages appelant à la justice et au souvenir. La force de ces portraits s’étend aujourd’hui bien au-delà de la Bay Area, où vit le talentueux, généreux et humble artiste Oree Originol. Nous avons interviewé celui qui nous a inspiré le projet « 100 Portraits ». Il nous raconte ici les débuts de son engagement artistique, la naissance et l’évolution de Justice For Our Lives, son projet de portraits. Il revient également sur le reste de son activité artistique.
C’est des profondeurs de l’Alabama que vient le symbole de la panthère noire qui donnera son nom au Black Panther Party de Huey P. Newton et Bobby Seale. En 1965, dans le comté de Lowndes en Alabama, une organisation qui luttait pour faire inscrire les noirEs sur les listes et pour s’imposer comme parti noir indépendant prit le symbole de la panthère noire et écrivit avec le SNCC une page d’histoire de résistance à la suprématie blanche.
Eden Awumey est né au Togo en 1975 et vit au Québec depuis 2005, année de sortie de son premier roman. Explication de la nuit, cinquième roman publié, date de 2013. Dans un pays sous dictature d’Afrique de l’Ouest un groupe d’amis motivés par un écrivain de passage décide de faire du théâtre politique, d’agir, avec comme armes les mots. Une oeuvre qui excelle à représenter comment la répression écrase, défait, broie.
En 2015, Kristian Davis Bailey et Khury Petersen-Smith, deux jeunes noirs américains publiaient une déclaration de solidarité noire avec la Palestine, qui allait être signée par plus de 1000 individuEs, et une trentaine d’organisations noires. De cette initiative allait naître l’organisation Black4Palestine dont nous parle Kristian Davis Bailey, co-fondateur et militant internationaliste convaincu.
Voici un court entretien avec Kaila Adia Story, enseignante à l’université de Louisville (Kentucky), à propos d’abord du travail de la pionnière Patricia Hill Collins autour de l’ « other mothering », formes alternatives de relations maternelles et de maternité communautaire chez les femmes noires. Puis Kaila nous parle de Strange Fruit, émission de radio qu’elle co-anime, et de son regard sur le Sud où elle vit à présent.