« Cette plainte veut dire qu’on leur fait très mal, qu’ils ne savent plus quoi faire » : Interview avec Assa Traoré

Depuis la mort d’Adama Traoré, la répression et la criminalisation se sont abattues sur ses proches avec une régularité effarante. La justice semble en effet bien plus diligente à inculper les familles des victimes qu’à inculper les responsables de leur mort ; dans l’affaire Traoré ces derniers ont été uniquement placés sous le statut de témoins assistés. Aujourd’hui, comble de l’indécence, deux de ces trois gendarmes impliqués dans l’interpellation violente qui a été fatale à Adama Traoré portent plainte contre sa sœur, Assa Traoré pour « diffamation publique ». On revient avec elle sur cette énième tentative d’intimidation et ce qu’elle signifie. Lire →








En 2002 Gérard Théobald, réalisateur et écrivain guadeloupéen, a arrêté sa caméra sur un arabe et deux noirEs au Front National : Farid Smahi, Stéphane Durbec, et Huguette Fatna dans un documentaire sorti un mois avant l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour des présidentielles. Il s’agissait pour lui de voir comment ces non-blancHEs frontistes définissaient leur engagement. Le résultat est un curieux spectacle de contorsions, de contradictions, de révisionnisme, dans des entretiens menés avec intelligence avec des interlocuteurs apparemment en confiance.
C’est l’histoire d’un cadre parfait. Ce cadre ce n’est pas la permanence d’accès aux soins de la santé, PASS, de Seine-St-Denis à l’hôpital Avicenne qui accueille des migrantEs, plus de 2 000 consultations par an, avec de très faibles moyens. Non le cadre parfait ou plutôt les cadres parfaits sont ceux qu’Alice DIOP trouve dans l’exiguïté de cet espace, ce trop-plein de souffrances. Dans le documentaire La Permanence elle pose son regard avec une éthique et une justesse qui se tient jusqu’au montage.