Qu’est-ce qui a tué Moussa Balde ?
Moussa BALDE, jeune homme guinéen de 23 ans, est mort dans la nuit du 22 au 23 mai 2021 au centre de rétention de Turin en Italie. Il y avait été transféré après que trois italiens l’ont battu à mort dans la rue à Vintimille le 9 mai 2021. Il s’est suicidé quinze jours plus tard, en détention. Si ses agresseurs ont été jugés en 2022 (et condamnés à des peines dérisoires), c’est aujourd’hui le procès des responsables du CPR (équivalent d’un CRA) qui se tient. Il existe de nombreuses zones d’ombre sur la manière dont Moussa a été traité dans ce centre. Lors de leur bref passage à Paris entre deux audiences du procès, nous avons rencontré deux membres de la famille de Moussa ; voici notre entretien avec Thierno BALDE. Lire (et écouter) →




On the 5 and 6 of April 2025, the People’s Tribunal On Police Killings will be held in London, but will also be broadcast online. To talk about this exceptional forthcoming event, we had a brief interview with Samantha PATTERSON – sister of Jason Oscar McPHERSON, who died at the age of 25 on 18 January 2007 at Notting Hill police station – and Ken FERO, documentary filmmaker, activist and co-founder of Migrant Media, who helped initiate the UFFC and the Tribunal.
Les 5 et 6 avril 2023, le People’s Tribunal on Police Killings se tiendra à Londres et sera également diffusé en ligne. Pour annoncer cet événement exceptionnel nous avons eu un bref entretien avec Samantha PATTERSON – sœur de Jason Oscar McPherson décédé à 25 ans le 18 janvier 2007 au commissariat de Notting Hill – et Ken FERO, documentariste, militant, cofondateur de Migrant Media, qui a participé à initier l’UFFC (The United Families & Friends Campaign) et le Tribunal.
Le 6 juin dernier à Moroni aux Comores, deux femmes ont été présentées au juge et incarcérées suite à une dénonciation mensongère prétendant qu’elles auraient demandé à être mariées devant le Cadi, une allégation démentie par ce dernier. Ces fausses accusations surfent sur la vague lesbophobe qui déferle en ligne depuis le mariage à Mayotte d’une réunionnaise et d’une comorienne. Mais elle est également à mettre en rapport avec une flambée mondiale de haine LGBTQiphobe.
Alassane Sangaré est décédé à Fleury-Mérogis au bâtiment D5, le jeudi 24 novembre 2022, quelques jours après avoir été placé en détention provisoire dans le cadre d’un conflit de voisinage. À la douleur et au choc de la perte est venue s’ajouter la gestion brutale, méprisante et déshumanisante des autorités. Comment est mort Alassane ? La famille n’en sait toujours rien et on la tient éloignée du rapport d’autopsie depuis des mois. Djeneba, grande sœur d’Alassane, revient sur les terribles conditions de l’annonce de sa mort, sur une quête difficile de vérité face à l’opacité entretenue par l’Administration pénitentiaire et le Parquet et sur l’incommensurable douleur d’une famille tout entière.
En 2021, Louis Witter, photojournaliste, s’est installé pour 18 mois sur la côte d’Opale, dans cette zone où des exilé·e·s avec des rêves d’Angleterre viennent se heurter à sa frontière externalisée sur le territoire français, symbolisée par la ville-prison de Calais. Il a documenté le harcèlement policier quotidien des exilé·e·s mis en place au nom de la stratégie dite du « zéro point de fixation ». Son livre « La battue » raconte en lignes précises et claires le mélange d’absurdité et de cruauté qui gouverne la vie des exilé·e·s sur ce bout de frontière avec l’Angleterre où viennent s’échouer des âmes exténuées en quête d’une nouvelle vie.