Penser les liens entre culture et lutte avec Frantz Fanon
Nous avons eu le plaisir d’être invitéES par l’association Mahogany le 7 Mars 2015 pour Mahogany March. Il nous avait été proposé de partager une lecture de Frantz Fanon. Nous avons donc parlé « culture » en nous appuyant sur le chapitre « Sur la culture nationale » des Damnés de la terre, sachant que nous ne sommes absolument pas spécialistes de Fanon. Voici le compte-rendu de la présentation que nous avons faite.
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Je suis consciente que s’identifier à ce que les gens voient de moi plutôt qu’à ce qui est authentique, ce que je suis vraiment, ça implique que j’efface des parts de moi-même […]. Vivre à travers la définition et la perception des autres fait de nous des écorces de nous-mêmes, plutôt que des personnes complexes incarnant des identités multiples.
L’année 67 en Guadeloupe avait sans doute commencé en Mars dans l’éclat de révolte qui avait déferlé sous le ciel de Basse-Terre. Le dogue d‘un négrophobe lâché sur un des nôtres. D’un coté, l’Europe arrogante, bourgeoise et commerçante, en la personne de Srnsky propriétaire d’un magasin Sans Pareil et ami de Jacques Foccart. De l’autre Balzinc, cordonnier âgé handi noir, et pauvre. Mais ni là, ni avant, ni aujourd’hui, ni demain il est dit que notre peuple subira toujours..
Iceberg Slim – Robert Beck – de son nom civil – a peint, après l’avoir vécue, une Comédie humaine noire américaine dopée à l’argot et au talent littéraire. Trick Baby est l’une de ses trois œuvres traduites en français. Une voix puissante n’y cesse de répéter que la réalité n’est jamais ce dont elle a l’air, qu’il faut aller au-delà des apparences parce qu’elles sont piégées.
Internationaliste, marxiste, légende des luttes anti-carcérales et noires, George Jackson est un des emblèmes les plus vifs des mouvements massifs de radicalisation que connurent les prisons américaines dans les années 60 et 70. Syllepse réédite aujourd’hui Les frères de Soledad. Lecture urgente et indispensable.
Lorsque bleu-vert-gris le regard de celui qui crachait le feu a fixé ma rouge paupière. Aïe ma haine s’est faite pierre. Je jure camarade pierre de sang vierge solidifié. Je suis d’une tête de tropique en colère et mes frères de Haine sont ailleurs Asie Afrique et Amérique à Djibouti en Algérie en Martinique en Indochine
Jean Métellus, poète, romancier, dramaturge, essayiste, fils de Jacmel (Haïti) en exil, est mort le 4 janvier 2014. Nous saisissons l’occasion pour saluer la richesse de son œuvre et lui rendre hommage bien mérité.
Mabanckou enfonce les portes ouvertes d’une rhétorique faisant l’unanimité chez les dominant-e-s qui, au prétexte de pourfendre le politiquement correct, recyclent inlassablement les leitmotifs suivants : communautarisme, victimisation, assistanat, ingratitude, refus de la repentance, etc.