Une lettre d’amour au peuple noir et une certaine Mademoiselle Shirley

Dans le cadre de notre travail de traduction de l’autobiographie d’Assata Shakur nous publions une série de courts textes d’analyse autour d’idées qui structurent le récit et la pensée politique d’Assata. Il est ici question de l’amour pour les noir.es qui se déploie dans tout le récit et d’une certaine Mademoiselle Shirley. Lire →




La guadeloupéenne Résolue a 16 ans quand Dany Bébel-Gisler commence à l’enregistrer pour faire son récit de vie. C’est par sa voix que nous découvrons les détails du cours tumultueux de son existence marquée par la pauvreté, la violence intra-familiale, les visites d’assistances sociales, les multiples foyers, les tribulations d’une enfant de la DASS ou « timoun a la lwa ». Résolue lutte pour retrouver les siens, récupérer le contrôle de sa vie et ne plus être un paquet qu’on balotte.

Il y a quelque chose de vertigineux dans la proposition d’intervention qui nous a été faite puisqu’il n’y a pas une pensée féministe dans la littérature caribéenne mais DES pensées féministes dans une littérature caribéenne profondément hétérogène à travers les âges, les aires géographiques, linguistiques, et les influences. Il y aurait donc énormément à dire, à mettre en lumière. Pour vous donner envie de découvrir, de faire découvrir, d’aller lire ou relire nous avons choisi 4 auteures d’époques et d’espaces différents : Marie Vieux-Chauvet, Simone Schwartz-Bart, Jamaica Kincaid, Dionne Brand.
Les sœurs zabîme est une bande-dessinée d’Aristophane. Elle se déroule en Guadeloupe et raconte le premier jour des vacances – jour de passage s’il en est – de trois sœurs collégiennes. Au gré des rencontres avec d’autres amiEs de leur âge, au rythme des événements, l’anodin jouxte l’existenciel et ses profondeurs, ses abîmes…
« Depuis mille ans, j’héberge une île. Je n’ai pas eu le choix, à vrai dire. Elle m’habitait bien avant que mon corps ne m’habite. Je lui disais : Vas-y, fous le camp avec tes volcans mal éteints. Je lui balançais du gros sel. Je ne voulais pas d’elle. Je voulais London, la lune. Je voulais loin et des territoires sans papa ni manman. J’ai parlé une autre langue, j’ai ricané. J’ai mis des culottes noires à l’envers pour ne pas qu’elle vienne me sucer dans mon sommeil ; et j’ai effacé toute trace en marchant dos au temps, balai à la main. »